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5 déc. 2025

Fixer un prix interne de l’eau : un impératif pour les entreprises ?

+ 9 % d’augmentation du prix moyen de l’eau en 1 an (Indice Insee), beaucoup pour certains, trop peu pour d’autres. Tout usage confondu, le prix de l’eau ne dépasse pas 0,005€ par L. Or ce faible coût apparent, couplé à un imaginaire d’abondance, freine les investissements dans des projets de réduction des risques hydriques. Pourtant, l’absence de l’eau rappelle que son prix est dérisoire par rapport à la valeur économique qu’elle génère. 

Investir dans l’eau est nécessaire et rentable
  • Les fermetures de sites industriels à cause de restrictions d'eau peuvent coûter entre 100 000€ et 1 million € par jour (chiffres Veolia). 

  • Les entreprises estiment à 339 milliards de dollars les impacts financiers liés à l’eau ...

  • alors que 58,7 milliards de dollars permettraient de les réduire (source : questionnaire CDP 2024 réalisé par + de 8500 entreprises)

  • Conclusion : pour 1$ investi dans l’eau, 6$ “épargnés”

Fixer un prix interne de l’eau : une solution clé pour rendre financièrement viables des projets potentiellement vitaux. 

Certains se sont…jetés à l’eau.

  • Michelin, Colgate-Palmolive, Nestlé, Diageo, AU Optotronics etc… ont construit depuis + de 5 ans des prix internes de l’eau pour orienter leurs décisions d’investissement sur leurs sites industriels.

  • Pour Michelin : la modélisation des risques de l’eau sur ses territoires d’implantation a fait passer le coût du m3 de 0,90€ à 5€ pour certains projets d’investissement dans des solutions d’économies d’eau. Résultat : –60 % prélèvements en eau grâce à la mise en place de tours adiabatiques sur le site de Gravanches ; -80 % prélèvements / 11 jours d’autonomie grâce à un système de REUT sur le site de Blanzy.

  • Côté Colgate, Nestlé, Diageo (spiritueux), AU Optotronics (entreprise taïwanaise d’électronique) : leur prix interne de l’eau incorpore les risques d'augmentation tarifaire, de coupures (perte de CA), les coûts engendrés par une réglementation plus forte sur la qualité des rejets, de potentielles amendes pour pollution. En 2017, Colgate évaluait son coût interne 2,5 fois supérieur à son prix d’achat.  

  • Certains souhaitent aller un cran plus loin en utilisant leur prix interne pour refacturer leurs sites afin de les responsabiliser.

  • Fixer un prix interne est aussi un moyen d’envoyer un signal fort en termes d’engagement aux acteurs territoriaux. 

Alors que la facture des entreprises est/sera durablement impactée par…
  • Un prix du m3 qui devrait continuer sa montée en flèche pour financer les coûts de dépollution et de modernisation du réseau, avec une contribution particulière demandée aux entreprises considérées comme polluantes.

  • Une augmentation de la fréquence et de la durée des restrictions d’eau en période de sécheresse.

…fixer un prix interne de l’eau pour valoriser les investissements dans des projets pour la sécuriser, la préserver et augmenter sa productivité devient potentiellement une question de survie. Or,les entreprises accusent un retard important dans la prise en compte des risques et des opportunités liés à l'eau dans la planification financière, comparativement au carbone : 

  • Seules 5% des entreprises utilisent un prix interne de l’eau pour aiguiller leurs investissements alors qu’environ 27% utilisent une tarification interne du carbone (résultats du questionnaires eau du Carbon Disclosure Project réalisés par + de 8500 entreprises en 2024)

🌐 L’actualité de l’eau en bref

Incendies en Espagne : une bombe à retardement pour l’eau potable. Les pluies automnales qui touchent les zones de Galice, ravagées par les incendies cet été, entraînent l’infiltration de cendres dans les sols, les nappes et les cours d’eau. Malgré la mise en place de paillage pour éviter le lessivage, certaines localités doivent restreindre drastiquement l’accès à l’eau et distribuent désormais des bouteilles à leurs habitants.

L’eau douce se raréfie : 324 milliards de m³/an d’eau douce perdus à l’échelle mondiale, soit la consommation annuelle de 280 millions de personnes (source Banque mondiale). En cause : le réchauffement climatique, l’aggravation des sécheresse et les impacts des activités humaines sur l’utilisation de l’eau et des sols (+25% de consommation entre 2000 et 2019). Le rapport estime néanmoins que des solutions d’optimisation, même modérées, pourraient réduire les pertes de 42%.

Doublement des capacités mondiales de réutilisation de l’eau : si les projets de réutilisation pour l’alimentation en eau potable ne représentent que 0,6% des capacités installées, d’ici 2030, leur capacité devrait doubler. Produire de l’eau potable à partir des eaux usées devrait devenir l’une des applications les plus importantes en matière d’investissement dans les eaux usées réutilisées.

Comme de coutume, n'hésitez pas à nous dire si cette newsletter vous a plu et si vous souhaitez creuser un sujet en particulier. À la semaine prochaine ! 😉

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