6 nov. 2025
Épisode 4/5 : le CDP Water Security Scoring, un outil exigeant pour mesurer la performance hydrique des entreprises
Après le SBTN pour l’eau douce, la CSRD, le GRI, notre regard se porte sur le CDP Water Security Scoring.
Qu’est-ce que le Carbon Disclosure Project (CDP) ?
Une organisation internationale à but non lucratif ayant mis au point un questionnaire de scoring environnemental autour de 3 thématiques : changement climatique, forêt, sécurité de l’eau. Les entreprises y répondent sur la base du volontariat.
L’intérêt du CDP pour l’eau ?
Ce questionnaire attribue une note aux répondants (de A à D-) en matière de gestion de l’eau. Il permet aux investisseurs d’évaluer les risques de leur portefeuille, mais aussi, aux entreprises de se comparer entre elles et d'identifier leurs marges de progression.
Comment fonctionne le scoring du CDP pour la section “Water Security” ?
14 catégories de scoring (ex : Water Accounting, Targets, Risk disclosure, Public Policy Engagement and Industry Collaboration, Value Chain engagement etc…)
4 niveaux de maturité : disclosure, awareness, management, leadership
Un système de pondération sectoriel : en fonction des secteurs et de leurs enjeux spécifiques vis-à-vis de l’eau, les pondérations des catégories dans le scoring final sont différentes. Par exemple, pour le secteur “metals and mining”, le poids de la catégorie “Water Pollution Management Procedures” sera plus important que pour le secteur “général”.
Un questionnaire sous forme de parcours spécifique : la progression dans le questionnaire s’effectue en fonction du secteur de l’entreprise et de ses réponses aux questions précédentes.
À chaque question, le CDP donne des exemples de critères attendus pour obtenir le score maximal et parfois les outils, seuils et normes recommandés.
Ci-dessous une synthèse des types de questions, catégories de scoring et attentes pour le secteur “metals & mining”.

Ce qu’il faut retenir :
Un score comparatif : contrairement à d’autres référentiels, le CDP attribue une note, facilitant les comparaisons intra et intersectorielles pour les investisseurs.
Une cohérence méthodologique : il intègre la logique comptable de la CSRD et la logique scientifique du SBTN, incitant les entreprises à définir des objectifs fondés sur la science et audités pour maximiser leur score.
Une rigueur exemplaire : un accent fort sur la vérification et le suivi des données dans le temps, piliers essentiels de la crédibilité du dispositif.
Une procédure exigeante : près de 80 questions, une grande exhaustivité, mais un système de notation solide et reconnu, gage de qualité et de sérieux.
🌐 L’actualité de l’eau en bref
L’agence européenne de l’environnement alerte sur les pratiques de gestion de l’eau en Europe :
- 19 % de prélèvements d’eau en UE entre 2000 et 2022, mais environ 30 % des terres et 34 % de la population impactés par le stress hydrique
6,5 mds d'euros de pertes économiques par an entre 1980 et 2023 due aux inondations.
Les pratiques de gestion de l'eau en Europe sont mal adaptées à la gestion de changements rapides et importants, ce qui compromet la résilience de l'UE face à l'eau.
Pourtant, 10 à 40 % d’économie d’eau atteignables dans le secteur de l’agriculture, de l’énergie et de la distribution en eau grâce à une meilleure gouvernance, à l'innovation technologique et à la sensibilisation du public.
Les cyberattaques à l’assaut des réseaux d’eau britanniques : après les hôpitaux et les collectivités, les infrastructures de l’eau deviennent une nouvelle cible pour les cyberattaques. Les risques sont extrêmement élevés : en 2021, une attaque du système d'information du traitement des eaux d'Oldsmar (Floride) avait failli réussir à augmenter le niveau d'hydroxyde de sodium dans le circuit d'approvisionnement de la ville, mettant en danger la vie de 15 000 habitants.
La REUT progresse en agroalimentaire ! 3,5 millions de litres d’eau économisés par an pour la Brasserie du Pays basque grâce à sa station de réutilisation des eaux usées traitées qui lui permet de recycler 84% de ses effluents pour le nettoyage (plus gros poste de consommation). Il faudra désormais 2L d’eau “neuve” pour produire 1L de bière artisanale au lieu de 5,5 litres d’eau (en moyenne). ROI estimé à 18 ans !
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