30 oct. 2025
Épisode 3/5 : le Global Reporting Initiative, le plus ancien outil de reporting extra-financier, intègre désormais l’eau.
Après le SBTN pour l’eau douce, la CSRD, nous portons notre regard sur le GRI [Global Reporting Initiative].
30 ans d’existence : le GRI [Global Reporting Initiative] est le plus ancien outil de reporting extra-financier.
🎯 Objectif eau du GRI : offrir aux entreprises une base commune pour identifier leurs impacts liés à l’eau et communiquer la façon dont elles les gèrent.
Points de convergence et différences avec le SBTN et la CSRD
Comme le SBTN, mais à la différence de la CSRD, le GRI repose sur une démarche volontaire.
Comme la CSRD, mais à la différence du SBTN, l’approche GRI est descriptive et comptable : elle ne fixe pas de cibles environnementales à atteindre. C’est à chaque organisation de les définir selon sa matérialité.
Quelle démarche propose le GRI ?
L’entreprise doit d’abord évaluer la pertinence de la thématique eau à partir des trois critères de matérialité définis dans la section “GRI 3 – Thèmes pertinents” :
gravité des impacts,
probabilité de survenance,
liens avec les droits humains.
Si l’eau est jugée pertinente, l’entreprise applique les standards de la norme thématique GRI 303 – Eau et effluents, structurée autour de 5 éléments d’information requis (2 qualitatifs, 3 quantitatifs).
Les 5 éléments du GRI 303
303-1 – Interactions avec l’eau : cartographie complète des flux hydriques (prélèvements, consommations, rejets) sur l’ensemble de la chaîne de valeur, et description des collaborations avec les parties prenantes pour une utilisation responsable de l’eau.
303-2 – Gestion des impacts liés aux rejets d’eau : description des normes de qualité des rejets, critères d’évaluation et prise en compte du profil des masses d’eau réceptrices (réseau, surface, etc.).
303-3 – Prélèvements d’eau : volume total d’eau prélevée, réparti par type d’eau, avec identification préalable des zones de stress hydrique.
303-4 – Rejets d’eau : volume total d’eau rejetée, précisant la destination, le niveau de traitement, la qualité et la conformité.
303-5 – Consommation d’eau : volume d’eau consommée (non restituée à l’environnement), y compris la variation de stockage.
Une singularité : la chaîne d’approvisionnement sous surveillance
Le GRI insiste sur les fournisseurs pouvant représenter un risque hydrique pour l’entreprise. Il recommande de quantifier le % de fournisseurs ayant des impacts significatifs liés à l’eau, que ce soit par leurs effluents ou leurs prélèvements dans des zones de stress hydrique.
Le GRI va également plus loin que la CSRD dans le détail des prélèvements et consommations :
la CSRD s’arrête à la consommation d’eau interne (ex. facture d’eau de l’entreprise),
le GRI, lui, exige l’identification précise des sources de prélèvements et des destinations de rejets, offrant ainsi une vision territorialisée des tensions potentielles avec les autres usagers.
🌐 L’actualité de l’eau en bref
Pollution : New Dehli tente de provoquer sa première pluie artificielle alors que le niveau de pollution a atteint plus de 23 fois le niveau maximum quotidien recommandé par l'Organisation mondiale de la santé. 120.000€ dépensés pour 2 essais ensencements infructueux, les nuages n’étant pas assez humides. En cas de succès, la pluie transférerait les polluants de l’air vers les sols et les eaux, créant un risque sanitaire majeur, potentiellement supérieur à celui de l’air vicié.
Sécheresse : à partir du 3 novembre, navigation interdite sur le canal du Midi. En cause : la sévérité de la sécheresse qui a fait chuter les réserves en eau au plus bas. Les stocks encore disponibles serviront à garantir l’eau potable, certains usages agricoles et le maintien de la vie aquatique.
Finance : 295 millions de dollars, c’est le montant record approuvé par le Fonds vert pour le climat pour financer le projet de dessalement et d’acheminement d’eau Aqaba–Amman en Jordanie, pays disposant de la 2ème plus faible disponibilité en eau au monde. Tournant majeure dans l’investissement climatique appliqué à l’eau, avec une implication publique/privée et dimension géo-économique forte.
Géopolitique : début d’un accord cadre entre la Turquie et l’Irak pour gérer les débits des fleuves Tigre et Euphrate. La sécheresse persistante réduit fortement les flux d’eau, tandis que Bagdad accuse Ankara d’aggraver la situation en retenant l’eau dans ses barrages.
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