Nov 21, 2025
L’eau au coeur des enjeux d’adaptation à Belém
Historiquement en marge des négociations climatiques, l’eau est pourtant un moyen d’expression extrêmement visible des impacts du changement climatique : inondations, sécheresse, élévation du niveau de la mer, modification du cycle de l’eau… Autant de manifestations qui fragilisent la viabilité de nos systèmes d’approvisionnement et d’usage de l’eau, avec des conséquences sanitaires, environnementales, économiques et géopolitiques potentiellement dramatiques.
En plaçant l’adaptation au cœur des discussions, la COP 30 pourrait enfin hisser l’eau au rang de priorité dans les stratégies, les investissements et les indicateurs de suivi des politiques d’adaptation.
4 thèmes clés à retenir :
Investissements et économie de l’eau : le 15 novembre, un comité d’experts a examiné les arguments économiques en faveur de l'investissement dans l'eau comme opportunité rentable contre la crise climatique. Solutions fondées sur la nature, infrastructures, coopération transfrontalière etc… autant de retours terrains qui ont été évoqués.
Indicateurs et suivi de la résilience des systèmes d’eau et sanitaire : un des objectifs majeurs de Belém est de s’accorder sur une liste d’indicateurs pour suivre les progrès en matière d’adaptation. Une dizaine seront retenus pour l’eau.
Intégration de l’eau dans les politiques climatiques : Il s’agit de mieux intégrer l’eau dans les Contributions déterminées au niveau national (CDN), dans les Plans d’adaptation nationaux (NAP), et de reconnaître l’interdépendance entre eau, écosystèmes et autres secteurs.
Modèles de financement viables: comment mobiliser des financements pour l’eau, comment s’assurer qu’elle n’est pas oubliée dans les flux financiers climat, comment rendre les projets liés à l’eau “investissables” ( ex. mêlant subventions + prêts + garanties), et d’élaborer des modèles de financement qui ne restent pas uniquement “humanitaires”.
Water Wiser reste en veille et vous partagera les décisions concrètes qui seront prises, en espérant qu’il y en aura…
🌐 L’actualité de l’eau en bref
Risque d’intrusion saline sur la côté d’Azur : le surcroît de population et l’intensité des sécheresses estivales, menacent de déclencher un phénomène de biseau salé avec une salinisation de la nappe qui alimente la ville d’Hyères. Pour soutenir sa nappe, la ville d’Hyères ne s’est pas tournée vers le dessalement, mais vers une réalimentation artificielle à partir du fleuve Roubaud.
La REUT (réutilisation des eaux usées traitées) arrive en cosmétique : le groupe @Pierre Fabre vise -70% de consommation d’eau pour un investissement 6,6 millions d’euros dans un projet d’usine sèche qui permettra de réutiliser les eaux noires (sanitaires et cuisines) pour l’arrosage des serres du Conservatoire botanique de Soual et les eaux grises (eaux de lavage des équipements) pour nettoyer les équipements.
La course à l’IA, à l’origine de grandes coupures d’eau ? Dans la région de Querétaro (Mexique), des habitants ont signalé des coupures d’eau prolongées, des difficultés d’accès à l’eau potable, des maladies associées (ex. hépatite) — attributs qu’ils lient à l’installation de nouveaux centres de données.
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